Une loupe posée sur un carnet manuscrit où l'on peut lire les mots « Pourquoi ? » et « Et si… », illustrant la rumination et les pensées répétitives.

Comment savoir si ton histoire mérite d’être racontée (et pourquoi tu devrais écrire ton livre)

par Laurence | Juil 11, 2026 | Écrire

 

Qui ça va intéresser ?

Cette question a enterré plus de livres que toutes les pannes d'inspiration réunies. Elle arrive toujours au même moment : le livre est encore une idée, l'envie est là depuis des années, et à l'instant précis où tu t'apprêtes à en parler à quelqu'un, ou pire, à ouvrir une page, elle surgit, poliment, avec son petit air de bon sens.

Et tu ranges tout : l'idée, l'envie, le document, jusqu'à la prochaine fois.

Cette question ne parle pas de ton histoire

Cette question semble pleine de bon sens. Tu te dis que c'est normal de te la poser. Après tout, tu cherches simplement à savoir si ton histoire peut intéresser quelqu'un.

On croit que seules les histoires extraordinaires méritent d'être racontées. Pourtant, il n'existe pas de vie ordinaire.

Tu penses aux traversées de l'Atlantique à la rame, aux ascensions vertigineuses, aux survies miraculeuses.

À côté, ton divorce, ton burn-out, ta reconversion à 47 ans ou ton enfance cabossée te paraissent presque banals.

Pourtant, regarde autour de toi. Il n'existe pas de vie ordinaire. Chaque personne traverse des épreuves, des joies immenses, des deuils, des renaissances, des rencontres qui changent une existence. 

C'est cette matière-là qui fait les livres auxquels on s'attache.

 C'est précisément là que cette question te fait évaluer ton histoire avec le mauvais instrument, comme si on jugeait un parfum au décibel. Ce que ton lecteur cherche dans un récit de vie se mesure tout autrement, et un simple dîner suffit à le prouver.

Il suffit d'une phrase…

Un dîner ordinaire, huit personnes autour de la table, deux conversations qui se croisent, quelqu'un ressert du vin. Et puis une voix, un ton en dessous des autres : Je ne l'ai jamais raconté à personne, mais… 

Écoute le silence qui suit. Les fourchettes se posent, les deux conversations meurent en une demi-seconde, huit paires d'yeux convergent vers celle ou celui qui vient de parler, et la pièce entière retient son souffle.

Or personne, autour de cette table, ne sait encore si l'histoire est spectaculaire. Elle pourrait concerner un héritage, un mensonge de jeunesse ou une boîte à chaussures retrouvée dans un grenier. Peu importe : la table s'est figée avant même de connaître le contenu. Ce qui a suspendu huit respirations, c'est une vérité qui ose enfin sortir.

L'être humain est câblé ainsi : il peut résister à beaucoup de choses, sauf à quelqu'un qui s'apprête à dire vrai.

Ton histoire dispose exactement du même pouvoir. La question du spectaculaire ne s'est jamais posée à cette table, et elle se posera encore moins à tes lecteurs.

Pourquoi ce qui est le plus personnel touche le plus

Le psychologue Carl Rogers, l'un des pères de la psychologie humaniste, a formulé cette idée dans une phrase devenue culte :

" ce qui est le plus personnel est le plus général ".

Il racontait sa propre surprise : chaque fois qu'il exprimait un ressenti si intime qu'il le croyait incompréhensible pour quiconque, c'était précisément celui-là qui trouvait le plus fort écho chez les autres.

Tu as sûrement déjà vécu ce phénomène en tant que lectrice. Ces pages où tu t'arrêtes, saisie, parce qu'un inconnu vient de décrire mot pour mot une chose que tu croyais être la seule à ressentir. C'est dans ce  moi aussi silencieux, que naît le lien entre un auteur et son lecteur, et il prend souvent sa source dans le détail le plus intime, celui que l'auteur a longtemps hésité à laisser dans son texte.

La romancière et anthropologue Zora Neale Hurston l'écrivait déjà en 1942 :

"Il n'y a pas d'agonie comparable à celle de garder en silence une histoire jamais racontée"
(Internet attribue régulièrement cette phrase à Maya Angelou. Zora, si tu nous lis : justice est rendue.)

Trois questions pour regarder ton histoire autrement

Alors comment trancher, concrètement ? Je te propose trois questions pour regarder ton histoire autrement.

  • 1 - Y a-t-il eu un moment où tout a changé ??

    Il y a souvent un moment où la vie prend une autre direction, une rencontre, une séparation, une maladie, une naissance, une décision longtemps repoussée, un grand saut dans l'entrepreneuriat...Avec le recul, on réalise que ces moments ont profondément transformé quelque chose en nous.
    Les livres naissent souvent de là.


  • 2 - Qu'est-ce que cette expérience t'a appris ?
    Une compréhension, une méthode, une erreur à éviter... Avec le temps, un événement devient souvent bien plus qu'un souvenir, il change notre façon de voir le monde et nous apprend quelque chose d'important sur nous-même.

    C'est aussi ce que l'on transmet en écrivant.


    Le psychologue James Pennebaker a d'ailleurs montré, au fil de dizaines d'études menées depuis les années 1980, que la mise en mots d'un vécu difficile transforme d'abord celui qui écrit, avec un mieux-être mesurable à la clé. Ton lecteur y gagne, et toi aussi, avant même la publication.


  • 3 - Pourquoi cette idée revient-elle toujours ?
    Une idée de livre qui revient depuis des années, qui survit aux déménagements, aux agendas pleins et aux plus tard, je t'ai déjà raconté ce que valent les plus tard, n'est sans doute pas là par hasard.
    Certaines histoires savent attendre. D'autres reviennent frapper à la porte, encore et encore.

    Au fond, il reste une seule question : Es-tu prête à t'autoriser à écrire ce livre ?


Écris pour cette personne qui attend ton livre

Quelque part, une personne vit en ce moment ce que tu as traversé il y a dix ans. Elle cherche, dans une librairie ou sur un écran, quelqu'un qui soit passé par là et qui en soit revenu. Ton histoire, écrite avec la vérité du dîner qui se fige, est exactement le livre qu'elle attend.

Mon histoire à moi commence sur une table d'opération, à 25 ans, je te l'ai racontée ici.
C'est elle qui m'a menée à fonder RÊVE Academy, pour accompagner celles et ceux qui décident, à leur tour, d'écrire leur livre à partir de leur vécu.

Alors si cette idée te suit depuis des années, si elle revient malgré les plus tard, malgré les doutes et malgré la vie qui passe… peut-être est-il simplement temps de lui faire une place.

Parce que rêver est bien plus qu'un verbe. C'est un mode de vie.

Sources Carl R. Rogers, Le Développement de la personne (On Becoming a Person), 1961Zora Neale Hurston, Dust Tracks on a Road, 1942James W. Pennebaker & Sandra K. Beall, « Confronting a traumatic event », Journal of Abnormal Psychology, 1986, et travaux ultérieurs sur l'écriture expressive.`

Signature

Ton livre commence ici

Laurence Flez-Renaudin photo perso

Hello. Je suis Laurence.

J’ai toujours aimé accompagner les personnes autant que raconter des histoires. C’est sans doute pour cela que je n’ai jamais choisi entre la psy et l’auteure.

Tu trouveras ici des réflexions, des déclics et les coulisses de mes livres.

→ Un peu plus sur moi…

La suite c'est toi qui l'écris, juste ici, en quelques mots. Chaque commentaire me touche plus que tu ne l'imagines, je lis et je réponds à chacun.

0 commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

recherche par CATéGORIES

écrire

Laurence Flez-Renaudin tient le mot REVER

mindset 

Laurence Flez-Renaudin une tasse à la main dans un environnement parisien

les coulisses